L’assurance-chômage «universelle» de Macron moins généreuse que prévu?

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« Je fais ce que je dis ». Lors de son interview télévisée dimanche soir, Emmanuel Macron a voulu apparaître comme étant parfaitement en phase avec son programme électoral. Pourtant, le président de la République a laissé apparaître plusieurs nuances sur une mesure phare : l’assurance-chômage universelle.

D’après le programme d’En Marche !, le droit au chômage devait être ouvert aux non-salariés (indépendants, agriculteurs, etc.). Les salariés démissionnaires y auraient droit aussi, une fois tous les cinq ans, « s’ils choisi [ssent]de démissionner pour changer d’activité ou développer [leur]propre projet professionnel » était-il écrit.

Le « droit » à la démission revu à la baisse ?

Mais très vite, le coût de la mesure a commencé à faire débat. L’étude la plus pessimiste affirmait que l’assurance-chômage universelle pourrait représenter 14 milliards d’euros de dépenses la première année de sa mise en œuvre, en raison des nombreux salariés qui en profiteraient pour démissionner de leur entreprise.

Cette perspective d’un afflux massif d’inscrits à Pôle emploi a-t-elle fait réfléchir Emmanuel Macron ? Dimanche soir, il s’est montré moins affirmatif sur sa promesse concernant les salariés démissionnaires : « Avec un peu de bon sens, tous les 5 ans, 6 ans, 7 ans, on peut donner ce droit aux salariés » a-t-il expliqué.

Les syndicats inquiets pour l’équilibre du système

Mais surtout, ce droit à la démission semble désormais beaucoup plus encadré que dans le programme présidentiel : « Celui qui en a assez [de son travail], on ne va pas lui donner comme ça l’accès au chômage, mais celui qui au bout de 5 ans, 6 ans, 7 ans, a un autre projet, qu’on lui donne la possibilité de toucher le chômage pour mener cet autre projet ». Emmanuel Macron tend donc vers une allocation-chômage conditionnée à un « projet », et n’évoque plus les salariés souhaitant « changer d’activité ».

Le président rejoint ainsi la position de la CFDT qui s’inquiétait la semaine dernière de conditions d’accès trop larges à l’indemnisation chômage. D’autres syndicats s’alarment aussi de cette promesse de campagne, qui pourrait creuser encore plus les finances d’un système mal en point. La CGT craint ainsi que pour équilibrer les comptes, il ne faille procéder à des « radiations de masse » des listes de Pôle emploi.

Journaliste diplômé, j'ai cinq ans d'expérience comme rédacteur web et journaliste économique dans différentes rédactions, fan de sport et de foot en particulier.